Interview de la nouvelle Directrice Europe de Seevibes

 seevibes logoLa presse en avait fait écho en janvier, Seevibes continue son développement et son expansion en europe avec le recrutement d’Emilie Proyart en qualité de Managing Director Europe. Nous avons décidé de la rencontrer afin de comprendre la stratégie de Seevibes en europe mais aussi essayer de décrypter le futur du marché de l’analyse d’audience TV.
SocialTV.fr : Bonjour Emilie, pourquoi avoir choisi l’aventure d’une société canadienne, fraichement débarquée en France?

Emilie Proyart SeevibesEmilie Proyart : Bonjour Marc, je suis tentée de te répondre pour le sirop d’érable… mais je me doute que ce n’est pas le genre de réponse que tu attends ? 🙂 Plus sérieusement, c’est toujours une bonne nouvelle de voir débarquer des entreprises nord-américaines en France. Ce qui m’a attiré dans l’aventure Seevibes, c’est la rapidité de l’avancée de la Social TV. En Europe, la France est déjà plutôt mature, et d’autres pays vont suivre comme l’Allemagne ou l’Espagne, c’est donc la dimension européenne qui m’intéresse. Bien sûr au centre de l’aventure, le sujet passionnant de la Social TV, en plein essor et encore très peu exploité sur notre continent. La technologie derrière Seevibes mesure l’audience TV sur les réseaux sociaux et permet ensuite aux marques de cibler et d’engager la conversation avec son audience.

 

SocialTV.fr : Au final, le métier de Seevibes n’est-il pas principalement l’analyse quantitative et qualitative des tweets?

Emilie Proyart : Effectivement, Seevibes a d’abord développé une technologie autour de la mesure d’audience sociale. C’est un univers nouveau pour les réseaux TV, les marques et les agences qui les accompagnent. Au Canada, les équipes de Seevibes se sont vite rendu compte qu’il fallait accompagner ces différents acteurs autour de la technologie, les aider à savoir quoi en retirer tant au niveau quantitatif que qualitatif. Aucune société aujourd’hui n’est capable en Europe, pas même les réseaux sociaux eux-même, d’accéder à autant de data et de la retraiter efficacement. L’expertise Seevibes c’est donc d’accompagner les clients pour chacun de leur besoin : situer son émission par rapport à la concurrence, trouver des opportunités de business liées à l’engagement social autour d’une marque ou d’une émission…

Et puis Seevibes ne se limite pas qu’aux tweets.. Nous analysons aussi l’engagement sur Facebook ! L’outil TV Ratings Seevibes vient tout juste de sortir en France, et nous sommes les seuls à le proposer. Info en exclu pour Socialtv.fr !

SocialTV.fr : Quels sont à vos yeux les enjeux de l’analyse social TV pour les années à venir?

Emilie Proyart : En 2011 / 2012, on a vu les téléspectateurs commencer à s’engager sur les réseaux sociaux, au sujet des programmes qu’ils regardaient à la TV. En 2013, avec le boom de l’engagement, les chaînes ont compris qu’il fallait enrichir l’expérience utilisateur pour prolonger la durée de vie de leurs programmes.

Avec 2014, on rentre dans une ère plus mature et donc de monétisation. Twitter et Facebook progressent sur des solutions qui vont permettre d’accroitre leurs ventes publicitaires. Le défi pour les chaînes c’est de packager des offres TV / Media Sociaux. Pour les annonceurs, c’est d’optimiser leurs achats d’écrans pub à la tv, en fonction de l’engagement social et affinitaire.

Finalement les marques ont beaucoup investi sur les réseaux sociaux ces dernières années pour acquérir une base de fans/followers, sans savoir quoi en faire, et comment capitaliser dessus, ni voir un engagement particulier. Un fan engagé coûte encore très cher aujourd’hui, l’enjeu principal c’est d’arriver à faire baisser ce coût et rentrer dans une ère ROIste.

SocialTV.fr : Comparé au Canada ou encore aux Etats-Unis, quel est le niveau de maturité et d’investissements des marques par rapport à la social TV en France?

Emilie Proyart : La maturité des marques est à mettre en parallèle avec l’adoption des médias sociaux dans les différents pays. En Amérique du Nord, l’utilisation de Twitter est plus large, et Facebook est déjà un média de masse depuis plusieurs années. En France, Facebook possède un bon reach (70% des internautes), mais Twitter rattrape du terrain (12% des internautes) en travaillant sa visibilité avec la télévision.

Si les investissements au Canada commencent à être conséquents du côté des chaînes (les ’télédiffuseurs’ comme on dit à Montréal), les agences média se positionnent sur la Social TV seulement depuis quelques mois. En France l’engouement des chaînes TV et des agences média est sensiblement le même. Les différents acteurs veulent tout comprendre, faire quelque chose et vite… mais, souvent ils ne savent pas par où débuter. Seevibes est là pour les accompagner et les aider à voler rapidement de leur propres ailes pour trouver des opportunités de business. Ils l’ont bien compris, car nous sommes sollicités tous les jours et de plus en plus depuis le lancement de Seevibes en France!

Le Super Bowl aux US est un excellent thermomètre de ce qui va se faire en terme de campagne publicitaire crossmédia, TV et médias sociaux, pour les deux prochaines années. En Amérique du Nord, les marques ont beaucoup testé, essuyé les plâtres (comme avec l’utilisation de Shazam, dont les résultats sont discutables…). Le marché est tellement vaste qu’ils peuvent se le permettre. La France représente un potentiel 2 fois supérieur à celui du Canada : population 2 fois plus élevée et ne présente pas cette particularité de langues multiples qui rend les investissements de masse plus compliqués (programmes US vs Canadiens, anglophones vs francophones). 

SocialTV.fr : Quelle est votre stratégie de développement pour 2014?

Emilie Proyart : La France est un marché très important pour Seevibes. La priorité est de répondre à toutes les demandes que nous recevons et de nous concentrer sur les solutions pour aider les chaînes de TV et  les marques à tirer le meilleur parti de l’engagement du public. En termes de produits, nous venons de lancer le Seevibes TV Ratings, qui en plus d’analyser les données sociales de Twitter, analyse également celles de Facebook. Nous avons d’autres produits dans la roadmap qui vont aider les marques dans leurs investissements publicitaires corrélés TV + Digital. À moyen terme, nous espérons communiquer sur le développement de Seevibes sur d’autres pays en Europe.

SocialTv.fr : Il arrive fréquemment que les rapports sur les volumes de Tweets divergent entre les « analystes Social TV ». Pourquoi pensez vous que Seevibes présente les chiffres les plus représentatifs? 

Emilie Proyart : A différentes technologies, résultats différents, on ne peut pas éviter ce phénomène. On observe la même chose dans le digital avec les outils de tracking. Seevibes a une technologie transparente et commune pour toutes les émissions. L’idée ce n’est pas d’avoir les plus gros chiffres mais de mesurer sur une base comparable. D’ailleurs, les programmes de nos clients (les grandes chaînes) représentent 70% de l’activité Social TV en France. Et l’IAB a commencé à se positionner sur les metrics de la social TV l’an dernier, et on y retrouve les KPI Seevibes déjà mis en place depuis 2011. 

SocialTV.fr : Que peut-t-on vous souhaiter pour 2014?

Emilie Proyart : Une prise de conscience des marques à plus grande échelle ! On voit des annonceurs qui jouent la carte de l’investissement combiné TV + Social. Par exemple Auchan pendant l’émission de Top Chef. Est ce le bon choix? Les téléspectateurs ont il réagi au message publicitaire? Etaient ils engagés avec la marque avant? Quel volume d’engagement incrémental ? Y-a-t-il d’autres opportunités pour la marque en Social TV? Les agences media sont en train de se structurer dans ce domaine (équipes dédiées), et accompagnent les marques dans cette réflexion. Avec la social TV, c’est le consommateur qui reprend la parole, il est donc essentiel que les communicants le remettent au centre des stratégies, plutôt que de laisser la part belle à l’expression de la marque uniquement.

Marc Lindner

J’évolue actuellement dans l’univers du mobile marketing et je m’intéresse de très près à l’ensemble de l’écosystème média-tv (chaînes, startups, hardware…).

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